D'un atelier de planches à une salle du soir
Un an de chantier, six personnes et une consigne unique : ne rien repeindre de ce que quarante ans de résine avaient marqué.
Ce que nous avons laissé en place

Les tréteaux de ponçage portent aujourd'hui le comptoir. Ils ont été renforcés par en dessous, jamais rabotés par-dessus.
Les étagères à rabots courent encore sur tout le mur ouest. Les outils appartiennent à l'ancien atelier et restent là par accord écrit.
Le plafond garde ses traces de résine et de vernis. C'est la première chose que les anciens clients de l'atelier regardent en entrant.
Six personnes
Toute l'équipe, cuisine et comptoir inclus.
Trente-quatre couverts
La salle avant, sur deux services.
Sept tapis
Le fond de l'atelier, à son propre rythme.
Trois questions sur le local
Les outils sont-ils encore utilisés ?
Non, aucun : ils sont fixés aux étagères et servent de décor, pas d'atelier.
Peut-on visiter en journée ?
Sur rendez-vous, hors service, toujours accompagné par quelqu'un de l'équipe.
Réparez-vous encore des planches ?
Jamais. Le seul travail fait ici aujourd'hui, c'est le service du soir.
Trois lignes non négociables
- Ce qui se joue ne s'échange contre rien : personne ne mise, personne n'encaisse, aucune dette ne survit à la donne.
- La carte suit le port et la montagne : produit absent, ligne retirée, jamais de remplaçant acheté ailleurs.
- Le taxi est proposé d'office à qui repart en voiture après avoir bu, quitte à insister deux fois.